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Gregg Black : " On peut encore conquérir le titre ! "

À deux mois de l’ouverture de la saison 2023 sur le Circuit Bugatti au Mans pour les 24 Heures Motos, le pilote du Yoshimura SERT Motul nous raconte sa saison 2022 et ses ambitions pour cette nouvelle saison d’Endurance qui s’annonce encore très rude !

      – Quel est ton bilan de la saison précédente ? 

Un bilan positif. Je pense que c’était notre meilleure année car en termes de performance pure on a montré que l’on était fort, que ce soit en qualification ou en course. Je pense que c’est ça qu’il faut retenir. Lors de la première course aux 24 Heures du Mans on a gagné, et aux 24 Heures de Spa si on n’avait pas eu nos soucis techniques on aurait été très fort. A Suzuka on a réalisé une course incroyable à deux pilotes suite à la blessure de Sylvain Guintoli, en terminant première moto du championnat EWC et sur le podium. Ensuite au Bol D’Or on était en tête de la course et on savait qu’on avait un très bon rythme pour éventuellement gagner la course. Maintenant, les faits de course n’ont pas été toujours avec nous en 2022. On a eu des petits soucis techniques que l’on n’a pas habituellement avec la Suzuki GSX-R1000. Pour moi ça reste la moto la plus fiable du plateau et on l’a prouvé à de multiples reprises. Mais c’est vrai que l’on n’est pas à l’abris de pannes mécaniques et techniques. On n’a pas eu de chance de ce côté-là, mais le bilan reste positif du fait de nos performances et d’avoir fini deuxième du championnat.

Peux-tu nous partager ton meilleur souvenir de 2022 ? 

Je dirais qu’il y a trois souvenirs majeurs. Le premier est la deuxième victoire d’affilée aux 24 Heures du Mans, c’est un souvenir incroyable car on gagne la course à la régulière en étant performant tout au long de la course. C’est inoubliable de monter sur la première marche de cette course mythique. Le deuxième souvenir c’est le podium à Suzuka, surtout à 2 pilotes ! On sait que c’est une course très difficile et qui est reconnu mondialement. Très peu de pilotes européens ont pu avoir la chance de monter sur ce podium des 8H de Suzuka. Puis le troisième souvenir c’est bien évidement mon essai de la GSX-RR à Motegi. Avoir pu rouler sur une MotoGP et en étant un des derniers pilotes à tester cette moto C’était pour moi l’occasion de comparer techniquement notre GSX-R1000 à une MotoGP, c’est un souvenir incroyable et dans la carrière d’un pilote c’est une chose à faire !

      – Nouvelle saison, nouveau numéro et nouveau coéquipier avec le retour d’Etienne Masson, quelles sont les ambitions et les objectifs pour la saison 2023 ? 

Personnellement, le numéro m’importe peu, ce qui est important c’est les performances de la moto. On sait qu’elle fonctionne bien même si elle est un peu vieillissante du fait qu’elle est sortie en 2017. Mais techniquement, Yoshimura et Suzuki font l’effort de la faire évoluer avec le SERT et tous les ans on a des petites évolutions positives que ce soit pneumatiques ou techniques, donc on sait que la performance sera là. Je pense qu’on peut à nouveau conquérir le titre et récupérer le numéro 1. C’est vrai qu’il lui allait plutôt bien ! 

C’est un plaisir pour moi de retrouver comme coéquipier Etienne, on s’entend très bien, on a évolué de nombreuses années ensemble et il a beaucoup d’expérience en endurance. C’est un pilote solide, régulier et sur qui on peut compter sur les courses. C’est important d’avoir un pilote avec de l’expérience car nous n’aurons pas beaucoup de tests avant les 24 Heures du Mans. Etienne connait l’équipe technique et puis moi, donc les deux seules nouveautés pour lui seront les pneus Bridgestone et Sylvain Guintoli.

La saison 2023 s’annonce encore très rude avec l’arrivée d’un nouveau concurrent et de nouveaux pilotes, que penses-tu de la concurrence pour cette nouvelle saison ? 

C’est super de voir de nouveaux pilotes arriver de différents milieux en Endurance, ça prouve que le championnat est important et a de la valeur. C’est un plaisir de voir que le championnat attire autant, que les fans suivent ainsi que les marques, les constructeurs, les manufacturiers et également les pilotes. On dit souvent que c’est une discipline de retraité alors que non. On constate que la moyenne d’âge a fortement baissé depuis quelques années, ça prouve que c’est un beau championnat. Il y a de nouvelles équipes dont la nouvelle Yamaha #99 qui sera très performante avec une équipe expérimentée, va falloir garder un œil sur eux. Toutes les équipes officielles en place sont difficiles à déloger du fait de l’expérience et de la capacité technique, donc ça va être dur pour tout le monde mais ce sera une belle année entre toutes ces équipes là. Je pense qu’il y aura entre 7 et 8 équipes qui pourront jouer la victoire à chaque course, ça s’annonce rude ! 

Comment t’es-tu entraîné cet hiver afin de préparer au mieux la saison 2023 ? 

Je m’entraîne pas mal physiquement, avec des séances de sport régulières et variées pour me maintenir en forme. Ensuite je fais tout type d’entraînement à moto, que ce soit l’hiver en enduro par rapport aux conditions. Je vais aller m’entrainer pendant quelques semaines en Espagne pour rouler en flat-track et en supermotard. Puis également sur piste avec la GSX-R1000 préparée par le SERT Factory Workshop, avec lequel on va développer ce projet, avant de faire les essais officiels avec le team au mois de mars.

Penses-tu que le Yoshimura SERT Motul a le meilleur équipage du plateau cette année ? 

Je n’aime pas dire quon est les plus forts, je pense que toutes les motos officielles seront fortes. Alors oui on a un équipage très solide avec la moto la plus fiable, aussi performante que les autres. Et avec 3 pilotes solides qui ont de l’expérience. Maintenant en Endurance, on sait qu’il faut que toutes les conditions soient réunies, que ce soit les performances, la fiabilité des pilotes et de la moto mais aussi une part de chance.

Ce serait historique de remporter pour une 3e fois consécutive les 24 Heures Motos, qu’allez-vous mettre en place pour tenter de gagner au Mans en avril prochain ? 

Rien de spécial. On a déjà gagné au Mans donc pas trop de pression, on sait ce qu’on a à faire.

Suzuki a dévoilé deux nouveaux modèles lors du salon de l’EICMA 2022, tu y étais présent avec Sylvain Guintoli, que penses-tu de la V-Strom 800DE et de la GSX-8S ? As-tu hâte de les essayer ?

C’est top d’avoir ce genre de moto et de revenir dans le jeu. Concernant la GSX-8S, il y a d’autres marques qui ont lancés des championnats avec ce genre de machine au moteur bicylindre donc c’est intéressant d’avoir ce modèle pour être en concurrence avec les autres. J’ai très hâte de l’essayer. Tous les ans avec mon moto club, je participe à une course de championnat de ligue. C’est une course d’endurance de 5 heures pour former un ou deux jeunes pilotes, et j’espère pouvoir bénéficier de cette moto pour l’essayer et voir ce que ça donne sur piste.

     – Tu as récemment tester la V-Strom 1050 dans les conditions off-road lors de la Winter Ride organisée par SW Motech, as-tu aimé les sensations ? 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je connaissais déjà V-Strom 1050 car j’en avais une. Je sais que sur la route c’est le top pour se balader et faire de longs trips. Après je ne l’avais jamais essayé dans les conditions off road avec des pneus prévus pour. J’ai été étonné des performances car c’est une moto très puissante pour cette discipline, elle a largement la capacité pour faire concurrence aux autres. C’était assez technique et physique, mais c’était une belle aventure avec des paysages magnifiques, dans de bonnes conditions. J’ai passé un très bon moment !

 

Un dernier mot pour les fans ? 

Je suis d’abord très content que l’aventure Suzuki continue car tout le monde pensait que ça allait être la fin. Qu’ils ne s’inquiètent pas, on sera bien présent pour aller chercher le titre en Endurance, et faire honneur à la réputation de Suzuki! On fera tout pour représenter la marque du mieux possible et monter sur la plus haute marche du podium !

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